Paradigme par ci, paradigme par là

Paradigme par ci, paradigme par là ! Depuis le lancement de la campagne officielle pour les élections présidentielles prévues au Cameroun le 7 octobre 2018, le mot (ou concept) « paradigme » est utilisé par de nombreux membres des équipes des différents candidats. Parfois, très clairement, à tort et à travers. Certains ‘’experts’’ ne semblent même pas avoir pris le soin de découvrir la définition du mot ‘’paradigme’’, ce qui conduit à des incongruités inacceptables. Me souvenant d’un important encadré consacré au « paradigme du vrai homme »  dans mon livre intitulé <<De la Misère à l’Abondance>>, il m’a semblé indiqué de publier cet extrait (pages 31 à 34), afin d’éclairer ceux qui voudront désormais utiliser ce concept :

Au juste, c’est quoi le paradigme du Vrai Homme ?

(ou pourquoi je parle du paradigme du Vrai Homme en Afrique ?)

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Le samedi 6 août 2016 à Baham dans l’ouest du Cameroun (comme déjà précisé) un grand notable bamiléké (Té Sa’a Biegaing, chef du village Kafo et Professeur des Lycées) m’a poussé à me poser de multiples questions sur l’impact possible de la mission dans laquelle je me suis engagé, celle de former et de coacher en 5 ans au moins 1000 jeunes entrepreneurs Africains véritablement libres et durablement riches, heureux et fiers de l’être.

Puisque tout est parti de la signification du mot «paradigme» sur lequel lui et moi échangions, en nous référant au « paradigme du vrai homme en Afrique », je me suis trouvé obligé de formuler dans cet encadré (un peu long) quelques précisions, à l’attention de mes lecteurs, en attendant de revenir de la même manière sur un autre thème soulevé par un autre notable le même jour, au sujet de la signification de «devenir libre, riche, heureux et fier de l’être», que j’utilise très souvent.

Définition du mot paradigme.

Un paradigme est une représentation du monde, une manière de voir les choses, un modèle cohérent de vision du monde qui repose sur une base définie.

Le mot paradigme tient en fait son origine du mot grec ancien paradeïgma qui signifie « modèle » ou « exemple». Le paradigme est alors l’ensemble des croyances et des accords partagés, notamment par les scientifiques ou les philosophes, qui guident leurs recherches, identifient les problèmes et indiquent ce qui est acceptable en tant que résultats, par les uns et les autres.

Le terme est souvent employé également pour décrire l’ensemble d’expériences, de croyances et de valeurs qui influencent la façon dont un individu perçoit la réalité et réagit à cette perception. Avant que Pasteur et d’autres scientifiques ne découvrent les microbes, invisibles à l’œil nu, les occidentaux procédaient à la saignée pour se soigner, ou se vouaient aux saints en fonction des maladies (d’où l’adage « je ne sais plus à quel Saint me vouer »). Mais, après la découverte de ces microbes et d’autres organismes également invisibles à l’œil nu, le paradigme a changé. Il en est de même pour les réalités des galaxies et du cosmos ainsi que pour les recherches liées à la l’évolution des êtres vivants, à la gravité, aux astres et en particulier au système solaire, etc.

Il y a plusieurs autres définitions possibles selon que l’on est dans le domaine économique ou d’autres sciences, mais les indications ci-dessus me semblent suffire pour permettre à mes jeunes entrepreneurs de bien cerner la notion de ‘‘vrai Homme’’ en Afrique, puis de changer de paradigme pour devenir ces hommes et femmes vraiment utiles à l’Afrique, où qu’ils se trouvent dans le monde.

Paradigme du Vrai Homme en Afrique.

Le paradigme du vrai homme en Afrique que j’utilise provient de la culture, de la sagesse et des traditions africaines, Bamilékés en particulier, qui considèrent l’humain dans sa totalité. Il représente ce que les ancêtres de ce peuple ont voulu montrer à titre d’exemple, pouvant  donc servir de modèle chez l’humain. C’est la même chose que le «paradigme de la personne entière ».

Par conséquent, chez les vrais Africains, le paradigme du vrai homme fait référence à un système de représentation qui concerne toute la configuration du savoir universel et intemporel, non lié à une époque donnée. Le vrai homme a été alors vrai homme hier ; il l’est aujourd’hui ; il restera vrai homme demain partout où on parlera de lui. Il restera une référence parce qu’il aura surmonté les échecs et les doutes pour accomplir le but qu’il se sera fixé au bénéfice de l’humanité.

C’est pourquoi l’ensemble des croyances et des valeurs qui sont partagées par les membres de cette communauté africaine sont basées sur des lois naturelles, que l’on appelle aussi des principes indiscutables, universels, éternels. On entendra alors dire partout en Afrique et dans toutes les langues qu’un vrai homme fait ceci ou cela, est ceci ou cela, ou ne fait pas ceci ou cela ou encore n’est pas ceci ou cela.

Le cas de la confiance est à ce propos très significatif en Afrique, lorsqu’on en parle. Par exemple, les Bamilékés de langue Ghomala disent « mô pamwè, o’ pamyï ». Formule très difficile à traduire, mais qui pourrait signifier que la confiance est réciproque : « Si quelqu’un te fait confiance, il faut mériter sa confiance et lui faire aussi confiance ». « Si quelqu’un est avec toi ou croit en toi, il faut être avec lui et croire en lui ». Ceci n’est pas possible sans la confiance en soi et l’autodétermination qui sont propres aux vrais hommes.

Il en est de même du principe de justice, de l’intégrité, de l’honnêteté, de l’excellence ou encore du principe de croissance, lié à celui du potentiel (j’aurai l’occasion de revenir sur tous ces principes).

Sur le plan scientifique et des réalités des connaissances, il est néanmoins arrivé dans l’histoire que des forces de toutes sortes fassent tout pour maintenir certains peuples ou une partie de l’humanité dans l’ignorance et l’esclavage, pour des motifs de domination et/ou d’assimilation. Il en a été ainsi avec le mode et les conditions de l’introduction de la religion chrétienne en Afrique. L’état d’esprit en Occident avait permis d’accepter de nombreux dogmes comme vérités absolues. Ceux-ci ont été imposés à l’Afrique avec une violence insoupçonnée, créant une peur généralisée et destructrice, notamment celle relative à l’enfer. Puis, petit à petit, avec le temps, plus on a cru certaines de ces stupidités vraies et fondées sur des faits, plus elles ont été admises comme telles et transmises de génération en génération, aboutissant à la naissance de pseudos zones de confort, pourtant basées sur des paradigmes parfois non exacts, non universels, discutables. Il sera très difficile aux Africains concernés de changer de paradigmes.

Changer de paradigme ?

Dans ces conditions, pour l’Africain « vrai homme », parler de « changement de paradigme » signifierait sortir d’une vision du monde complètement erronée, sortir de la caverne, sortir d’un profond manque de savoir, c’est-à-dire d’une ignorance produite par plusieurs siècles de conditionnements multiples (religion, école, sectes de toutes sortes), pour laisser sa propre existence être éclairée par la sagesse et le génie de ses ancêtres, ainsi que par les savoirs scientifiques partagés par l’humanité actuelle. Il s’agira parfois de laisser ce qui est bien pour aller vers ce qu’il y a de meilleur, pour lui et pour sa communauté, une communauté telle que voulue par lesdits ancêtres.

En effet, il est prouvé que ceux-ci vivaient en harmonie avec les lois naturelles et se laissaient éclairer par leur lumière. D’où la conclusion de Sénèque : « La vraie sagesse n’est pas de s’éloigner de la nature, mais de façonner son comportement selon ses lois et son modèle. ». Forts de cette sagesse, ce sont les Africains qui devraient en réalité montrer au monde entier le chemin de la grandeur, de la paix et de la prospérité, contrairement à ce qui est observé depuis des siècles.

Le travail que je réalise avec les futurs entrepreneurs africains libres, riches, heureux et fiers de l’être, depuis septembre 2016, prend sa source dans cette sagesse. Ce travail se base sur le paradigme du « Vrai Homme », chez les vrais Africains, avec leurs quatre principales capacités mesurables ou intelligences (physique, mentale, émotionnelle et spirituelle) déjà citées, avec leur quotien (QP, QI, QE et QS).

 

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